D’abord le titre : LA BÊTE MEURT, GARE A NOS FESSES…
La base et le principe du capitalisme c’est « l’exploitation de l’homme par l’homme » … Bon, c’est peut-être couillon de dire ça
aujourd’hui, mais d’une part fallait y penser et d’autre part, fallait oser !
C’est en tout cas sur cet axiome que toute une société s’est édifiée, passant très rapidement de la théorie au système, tout en se hâtant de
construire les remparts (politiques, sociaux, institutionnels, juridiques, moraux, religieux, philosophiques, culturels et j’en passe) nécessaires pour prévenir toute invasion ou intrusion
externe et interne, menace potentielle à la pérennisation dudit système, tout en sachant – et c’est toute la beauté de la chose – que son temps est limité.
Et il faut bien le dire, le système fonctionne bien. Très bien même. Mais il fonctionne encore mieux évidemment en période de crise. Parce que
la crise ou la menace de crise, engendre la peur et la peur c’est le repli sur soi, et c’est l’acceptation de perdre encore un petit peu pour préserver encore le petit peu qui reste. Et ça génère
forcément encore plus de pouvoir et d’argent pour ceux qui «gèrent» la crise, qui la manipulent en amont et en aval. Comme quoi une idée quand elle est bonne, même si c’est gonflé et qu’il y a
des risques, faut foncer !
Ce système est donc bien fait. Il a du reste fait ses preuves depuis d’ère de l’industrialisation au 18è siècle. C’est devenu au fil du temps
une machine à produire tout et n’importe quoi – disons une machine conçue pour faire faire le plus grand bénéfice possible au plus petit nombre de bénéficiaires possible, et ce dans tous les
domaines connus ou à venir.
Mais ce système génère sa propre fin. En effet, le capitalisme porte en lui-même ses propres contradictions –produire toujours plus pour
consommer toujours plus, à moins que ce ne soit consommer toujours plus pour produire toujours plus… Créer des produits pour consommer en suscitant des désirs qui engendrent des besoins à
l’infini, qui nécessitent des produits pour satisfaire ces besoins, qui nécessitent des moyens de production, qui nécessitent du capital, le tout reposant sur une notion totalement abstraite et
aujourd’hui obsolète : le travail organisé et monnayé.
En attendant, il est normal que le système se radicalise, s’accélère, s’amplifie, puisqu’il sait qu’inéluctablement, il touche à sa fin. Il
sait qu’il ne peut pas s’arrêter de lui-même, ni ralentir, encore moins faire machine arrière, et que la seule fin logique c’est le crash.
Il doit donc impérativement et d’une manière absurde mais logique accélérer le processus, ici et maintenant, pour « machiner » un
maximum, car le temps est désormais compté.
Le capitalisme en tant que système ne peut pas se poser la question de la finalité (ce serait une question de conscience), puisque le
capitalisme est une machine qui à crée ses propres rouages économico-politico-sociaux-culturels pour assurer la pérennisation de la machine
elle-même. Son existence se justifie en tant que telle, y compris dans sa fin inéluctable et programmée.
Le facteur humain n’a que très peu à voir dans ce processus. L’entreprise ne met pas l’homme au cœur de ses préoccupations. L’entreprise met
l’entreprise au cœur de ses préoccupations. C’est sa raison d’être. Et de toute façon l’entreprise n’a pas de cœur, elle n’a que des rouages.
L’humain c’est au mieux de l’engrais, du fumier, du charbon nécessaire au démarrage de la machine, mais une fois lancée - et comme le système
fonctionne à merveille – cet engrais est de moins en moins indispensable, ce charbon devient même un boulet (si j’ose dire…) puisque la machine
produit elle-même sa propre énergie, ses propres ressources, avec l’argent comme carburant essentiel et fictif à la fois.
Certains en profitent bien sûr, au passage de la machine, la grande
majorité en souffrent, se font balayer, écraser, broyer, ce sont des déchets inévitables, c’est dans la logique du processus. A-t-on conscience, lorsque nous marchons, des millions de vies microscopiques, faune et flore que nous écrasons à chacun de nos pas ? Et si oui, on s’en fout, on va être en retard au boulot…
La machine capitaliste ne gagne ni ne perd. Elle avance, avance de plus
en plus vite, aveuglément jusqu’au crash final. Et si le carburant-argent qu’elle produit elle-même venait à manquer (en réalité l’argent ne manque pas, c’est la crainte du « gagné
moins » qui stimule), les remparts nécessaires qu’elle s’est construits dès sa création (institutions politico-juridico-socio-culturels, en gros l’Etat) jouent à plein leur rôle afin
d’apaiser la crainte. Notez que la Machine Capitaliste – appelons-la la Bête, c’est plus cool ! -n’a aucune crainte puisqu’aucune conscience ni état d’âme. C’est d’ailleurs sa force. Ce sont
ses sicaires qui craignent, les profiteurs-huileurs de rouages, car ils savent bien que l’équipage tout entier (assassins comme victimes) est « expendable » (sacrifiable) pour assurer
la survie du système. Alors ils mettent les bouchées doubles et ils ont du cœur à l’ouvrage !
La Bête n’est pas mourante. La Bête vit ses derniers instants. Elle le sait et elle est donc d’autant plus violente et dangereuse.
C’est là qu’il faut être prudent. Car quiconque se met en travers de son chemin est immédiatement pulvérisé par les assassins-gardiens du
pouvoir et de l’argent. Sans aucun ménagement. On a déjà vu et subi quelques unes de ces réactions ces dernières années, prémices douces et polies des réactions féroces à venir. On va
s’éclater !
Et qu’on ne s’imagine pas que l’union et le nombre seraient notre force. On pourrait être des millions et des millions et des millions et
encore des millions, à s’opposer, à se mettre en travers des rails, tous unis et se tenant par la main, rien n’y fera. On se fera tous laminer. Rien n’y fera car il n’y a rien à faire. Rien
d’autre à faire que d’attendre la chute finale inévitable et fracassante, le KO, le chaos et tchao !
Il n’y a pas de solution, il n’y a pas de remède. On ne peut pas tuer la bête. Elle va mourir certes, mais pas de notre main et pas avant
d’avoir foutu le feu et la désolation partout et pour tous.
La question n’est pas de savoir comment on va s’en sortir, la question est de savoir comment on va mourir. Debout, les yeux grands ouverts,
face à la Bête, prêts à se battre, ou couchés comme des lopettes, le nez dans un magazine de sports ou de télé, le pantalon sur les chevilles et le
cul tendu…
Evidemment tout va dépendre – en ce qui me concerne- de ce qui aura à la télé ce soir-là…
Merci pour leurs précieux conseils à John Kennedy Galbraith, Thomas Robert
Malthus, Karl Heinrich Marx, et le Lapin en Colère.